Avant de se faire rapidement bouler hors des radars par le grunge aux USA et la Brit Pop au Royaume Uni, le shoegazing, comme on le sait, a connu ses grandes heures entre 1989 et 1991, porté par la presse anglaise principalement. Visiblement les magazines phares de l'époque étaient lus outre Atlantique puisqu'une bande de gamins de Boston décidèrent en 1991 de former Drop Nineteens et d'embrasser totalement son esthétique.

Drop Nineteens - Kick The Tragedy

Ephémère formation (splittée en 1995), le quintet mixte (comme Slowdive) est surtout connu des geeks de guitares saturées pour son album Delaware qui est déjà un digest assez impressionnant de tous les tenants et aboutissants d'un son, à l'époque tout neuf. Placé pile poil entre My Bloody Valentine (pour les couches de guitares), Slowdive (les vocalises féminines/masculines) et Ride (les hooks pops très efficaces), Drop Nineteens séduisit massivement les anglais évidemment et les college radios US qui purent les caler aisément entre Pixies et REM (en plein boom commercial au début des 90's).


Alors 22 ans après leur séparation, ces jeunes gens à l'allure de Zit Remedy du shoegaze méritent ils d'être re-découverts et préférés à leurs descendants (DIIV, Ulrika Spacek & co...) ?

Certes les disques de Drop Nineteens sont d'honnêtes polaroids d'un épiphénomène, sans mériter totalement le culte accordé par un paquet de nerds. Carte postale d'une époque qui a nourrie les films de Gregg Araki, le son du club des 5 de Boston est une version joliment nettoyée du son abrasif de Kevin Shields et des expérimentations sonores de Neil Halstead, qui préfigure sans trop le vouloir toute une vague de groupes rétros et fadasses, nourris à la nostalgie 90's et qui traînent leurs chemises à carreaux vintages sur Instagram. Restent une (petite) prise de risque avec cette Peel Session et sa cover marrante des Beastie Boys. Et bien sûr des jolies photos.

Drop Nineteens - Peel Session 1992

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